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Résidus de pesticides : 6 sur 10 sont des perturbateurs endocriniens

Le 4 septembre, une enquête menée par l’association Générations Futures a permis de révéler que 6 résidus de pesticides sur 10 sont des perturbateurs endocriniens. L’ONG souhaite ainsi tirer la sonnette d’alarme et alerter l’opinion sur l’alimentation européenne. 66 849 résidus de pesticides sur les 109 843 testés sont ainsi des perturbateurs endocriniens suspectés. Or, les PE peuvent engendrer des problèmes de santé plus ou moins importants selon la population concernée. Qu’en est-il vraiment ? Quels sont les enjeux ici en présence ?

 

 

Les données alarmantes de l’ONG Générations futures

Le 4 septembre, l’ONG Générations futures a publié un rapport dans lequel elle affirme que 6 résidus sur 10 que l’on retrouve dans les aliments consommés en Europe sont des perturbateurs endocriniens. Ce constat, plutôt alarmant, a été rendu possible grâce à une compilation minutieuse de données concordantes.

 

En effet, afin de parvenir à ce constat, l’ONG a pris en compte le dernier rapport rendu par l’Autorité européenne de sécurité des aliments en juillet 2018. Ce rapport mettait en cause 49 % des échantillons testés, tout en considérant que les risques liés à ces résidus étaient faibles.

 

S’emparant des résultats émis par l’Autorité dans son rapport, l’ONG a opéré une comparaison fine entre les résidus de pesticides et la liste des perturbateurs endocriniens suspectés. Cette liste contient à aujourd’hui 1 457 molécules et familles de molécules. Le nouveau calcul effectué indique que parmi les 350 molécules retrouvées, au moins 157 ont fait l’objet d’une publication scientifique indiquant des effets potentiels de perturbation endocrinienne. En outre, ces 157 molécules seraient présentes à elles seules dans 69 433 résidus quantifiés de la liste des 109 843 résidus de pesticides, ce qui représente 63,21 % du total.

 

Le danger de l’effet cocktail

Face à ce constat, Générations Futures met en garde en rappelant l’importance de revoir la réglementation européenne dans le domaine de la sécurité alimentaire. En effet, les perturbateurs endocriniens ne sont pas exempts de risques pour la santé et ces substances étrangères à l’organisme peuvent agir à plusieurs niveaux. Sur le plan hormonal, de la croissance, du développement du fœtus, sans oublier le sommeil, le comportement, la circulation sanguine ou bien encore la fonction reproductive. L’OMS indique même à ce sujet que les perturbateurs endocriniens peuvent être à l’origine de pubertés précoces, de diabètes, de cancers, de problèmes cardiovasculaires et d’obésité.

 

Le problème est que même si 96,2 % des échantillons d’aliments testés se situent dans les limites légales, le risque est principalement lié à un effet « cocktail ». Autrement dit, l’exposition à de nombreuses substances, même à des niveaux faibles, peut avoir des conséquences plus ou moins importantes sur l’organisme. Ce n’est donc pas la dose qui créé le poison mais bien la période d’exposition avant tout. Chez certaines personnes particulièrement vulnérables, comme les personnes âgées, les nourrissons et les adolescents, cette exposition « cocktail » peut s’avérer problématique. Ce constat remet en question le raisonnement classique de la toxicologie et nécessite de penser d’une manière plus adaptée.

 

L’effet cocktail : une donnée reprise scientifiquement

En 2015, l’Endocrine Society, principale société savante ayant travaillé sur les questions hormonales, a rendu un document scientifique qui a servi de référence sur les perturbateurs endocriniens. Elle y indique que la toxicologie classique ne peut pas s’appliquer à ces perturbateurs puisqu’il est impossible d’identifier avec précision leurs seuils d’action du fait du fonctionnement particulier du système hormonal.

 

En 2017, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a repris ces éléments dans son rapport : « La stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE)» en précisant que les recherches scientifiques concordent toutes vers une dissociation nette entre la dose et l’effet des perturbateurs endocriniens, sans oublier le fameux effet « cocktail ». Or, aujourd’hui encore, les agences réglementaires se basent sur le principe toxicologique classique pour mesurer la valeur d’exposition présumée aux perturbateurs endocriniens.

 

Aujourd’hui, la meilleure solution est donc de procéder à des tests sur échantillons afin de s’assurer de l’absence de perturbateurs endocriniens dans son alimentation. Le Pack OEDT de Perturbateurs Endocriniens est en ce sens une offre particulièrement adaptée à la quantification et à l’élimination des PE de tout environnement.

 

Vers un bouleversement de la toxicologie classique

Grâce à son rapport, l’ONG Générations Futures souhaite faire avancer le mode de mesure des perturbateurs endocriniens et permettre un véritable travail sur la règlementation de l’alimentation européenne. Ces changements de paradigmes scientifiques bouleversent de plus en plus la toxicologie classique.

 

En juin 2018, une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives fait état d’un danger dans l’exposition aux perturbateurs endocriniens, même à des degrés faibles. Une étude avait été menée sur des rongeurs mâles exposés à 6 pesticides communs. Les doses auxquelles ils avaient été exposés étaient considérés par la toxicologie comme faibles et donc sans effet nocif. Or, il s’avère que ces rongeurs ont développé des troubles métaboliques proches du diabète. Leur poids a doublé en comparaison aux autres animaux non exposés et les chercheurs ont relevé un taux de glycémie et de cholestérol élevés, sans oublier une accumulation de graisse hépatique.

 

Face à ces éléments, la question de leur inclusion dans une modification de la réglementation européenne est au cœur d’une vive discussion depuis de très nombreuses années.